Oser imaginer l’impossible. Y croire. Puis créer. Pour enfin vivre. Vivre ensemble tout simplement.

Et les larmes d’or jaillirent…

larmes

Florence Ka, Et les larmes d’or jaillirent, éditions Ovadia, 2013, tarif public 24,00€, langue Français, ISBN-13 : 978-2363920935

Ce roman est une invitation au voyage, mais aussi au dialogue et à la réflexion.

C’est tout d’abord un voyage géographique. Nous nous promenons à New York, Tunis, Amman, Beyrouth, en Israël, à Gaza, en Cisjordanie, en Irak…

Mais cet ouvrage est aussi un voyage dans le temps, dans le passé, où l’on revisite, à travers quelques faits marquants, l’histoire de cette région, tant en terres israélienne et palestinienne qu’au Liban ou en Irak.
C’est un voyage dans le cœur des personnages qui l’animent, des personnages issus des trois religions monothéistes.
Enfin, c’est un voyage intérieur, vers la connaissance de soi de ces êtres, qui, par des moyens différents, tentent de surmonter leur crise identitaire.
On y retrouve Amir, un vieux sage palestinien qui a dû se réfugier au Liban en 1948 et qui finalement vit dans ses souvenirs, souvenirs qu’il réactive à satiété avec optimisme et amour, avec une bonté infinie.
La bienveillante Déborah est également là. Romancière, portant le nom de la prophétesse de la Bible, elle est chargée de transmettre les enseignements d’Amir et Sarah, de divulguer les messages pacifiques et pacifistes de deux vieux sages, l’une juive et l’autre palestinien, de Jérusalem, la ville sainte qui abrite le Graal, la clef de la paix dans la région, dans le monde.
Déborah qui est fille de parents emportés dans les camps de la mort, mère et grand-mère. Son passé est chargé de questionnements auxquels elle a, à sa manière, tenté de répondre.
Et puis, il y a Sarah qui vit dans sa chair de mère, de femme ce conflit israélo-arabe. Mais aussi, Jonathan et Hani, tous deux, chacun dans son camps, intensément habités par ce conflit.

Un dialogue s’instaure donc entre les différents personnages de ce roman.
Au-delà de ces voyages, au-delà des conséquences de ces guerres sur ces êtres, est soulevée une sourde inquiétude : la crainte de voir le spectre de ce conflit s’accroître et qu’il s’étende davantage dans la région, en dépasse les frontières. Ce qui est partiellement déjà le cas.
On y devine aisément la peur de ces personnages de voir s’intensifier une haine raciale et religieuse irréversible.

Ce livre a également, on l’a compris, pour thématique l’errance qui n’est autre que la résultante de carences identitaires et affectives dans un monde qui se robotise, où les contacts humains s’intensifient dans le virtuel et diminuent dans le réel.
Et..il arrive bien trop souvent que des endoctrinements s’engouffrent dans ces béances humaines et répondent de manière tendancieuses, violentes souvent, à cette souffrance, laissant des hommes et des femmes, des enfants dans un univers si belliqueux et destructeur.

Le dialogue, c’est l’acceptation de l’altérité, mais aussi le respect de la singularité de chacun.

Les personnages de ce roman se rejoignent dans une idée d’Unicité spirituelle.
Ils conviennent qu’il faut désamorcer la bombe religieuse qui se met en place et la combler de spiritualité afin que le monde s’élève justement vers cette Unicité, vers un Amour de l’autre, un « vivre ensemble », une tolérance, une bienveillance sereine et active.
L’alternative que propose cet ouvrage peut sembler utopique. Pourtant, y en a-t-il une autre ? Les guerres ne sous ont menées qu’au désastre.
Alors, rien n’est impossible. Et les femmes, dont l’amour maternel et bienfaiteur dépasse l’ego, le savent.
Amir, Sarah, Déborah, le vieux palestinien et la femme juive de Jérusalem abordent donc, avec Amour, cette thématique. Pour eux, seul un dialogue et la quête réelle d’une paix unirait ces frères ennemis, mais frères sémites et frères tout de même, les enfants d’Abraham, Ismaël et Isaac doivent se retrouver avant qu’il ne soit trop tard.
Bonne lecture!

Florence Ka

***

5 Commentaires

  1. janin malak's Gravatar janin malak
    10 décembre 2013    

    Et les larmes d’or jaillirent… est un merveilleux livre, que j’ai dévoré en deux jours. C’est un Merveilleux récit composé d’une multitude d’histoires en une. Il se déroule dans le berceau du moyen orient et en Europe, alliant une belle romance et une philosophie d’un autre siècle et pour le siècle à venir, secrets détenus par les femmes d’orient, par les femmes du monde entier, romance politique, histoire de l’orient , voyages à travers les âmes, à travers le monde, allers-retours vers l’amour à la recherche de l’âme jumelle vers une destination de l’errance. Y sont déversées les larmes de femmes qui détiennent la clé de l’avenir meilleur, provenant de leurs ventres, de leur bouches, et de leur têtes. C’est un livre hors du temps et de l’espace et pourtant à portée de cœur de tout et toute oriental(e) et européen(ne), avec une belle leçon de vie à devenir.

  2. Grivel Hélène's Gravatar Grivel Hélène
    7 janvier 2014    

    Coup de coeur pour ce livre, j’ai adoré. Dense, il m’a apporté de la lumière, de l’espoir, une meilleure compréhension des situations complexes au Moyen Orient. Je me suis attachée aux personnages, si émouvants, et l’écriture est très belle, fluide, je sais que je le relirai avec joie.

  3. Marina's Gravatar Marina
    2 février 2014    

    Il y a des rencontres littéraires qui ne laissent pas indifférent et qui nous plongent dans une réalité, dont nous avons du mal à nous extirper, même une fois le livre déposé. Les personnages de papier prennent vie et nous accompagnent chaque jour jusqu’au dénouement et même au-delà.
    Le roman de Florence Ka est une de ces rencontres.
    Au cours de ma lecture – tantôt passionnée, tantôt mesurée – « Et les larmes d’or jaillirent … » aiguise ma curiosité sur cette région du Moyen-Orient, suscite ma réflexion et m’amène à chercher ici et là des précisions sur les différents événements et leur contexte pour les partager avec mon entourage.
    Car si la région et les origines des protagonistes m’est étrangère, les valeurs qui sont abordées tout au long de l’histoire ne le sont pas. L’auteure a réussi un tour de maître en créant une histoire d’hommes et de femmes touchants et émouvants tout en traitant de sujets délicats liés à l’histoire, la religion, la politique ou la géopolitique.

    « Et les larmes d’or jaillirent… » de Florence Ka est un roman qui nous invite au voyage, un voyage pluriel: un voyage géographique ponctué d’allers-retours entre l’Orient et l’Occident, un voyage dans le temps qui retrace les événements marquants d’un conflit israélo-palestinien toujours d’actualité, un voyage intérieur qui sonde les âmes des personnages en quête de vérité et de paix.

    Le roman entremêle réalité historique et fiction, l’Histoire complexe du Moyen-Orient et les histoires ô combien douloureuses de ses protagonistes. Son auteure nous renvoie aux trois religions monothéistes qui sont perçues à travers les yeux de personnages attachants et émouvants que sont, entre autres, Deborah, la romancière juive retraitée, Amir, le vieux sage palestinien, et Sarah sa petite fille qui vit ce conflit dans sa chair. A travers son roman, Florence Ka nous interpelle sur notre monde contemporain – l’absurdité de la guerre, le déracinement, l’errance, la quête d’identité, le désir d’appartenance et de reconnaissance, le besoin d’aimer et d’être aimé…

    Même si la perception du monde de Sarah peut parfois être emprunte de naïveté, on se surprend à y croire aussi. Tant le désir d’un vivre ensemble dans le respect et la tolérance est fort.
    Si les mots peuvent soigner les maux, c’est avec les mots des femmes, ceux de Florence, de Déborah et Sarah que l’on peut lutter contre les paroles belliqueuses d’une minorité et que l’on peut, si ce n’est soigner, du moins soulager les maux qui en découlent.
    Si le dialogue a été possible entre juifs, musulmans et chrétiens par le passé, alors pourquoi ne pas se laisser à rêver d’un monde dans lequel tout individu pourrait, quelque soit son pays d’origine, son pays d’accueil, ou sa religion, vivre en paix avec ceux qui l’entourent ?
    Seule la connaissance de soi et de l’autre, le dialogue et la réflexion peuvent venir à bout de ces obstacles, qui, à bien y réfléchir, n’en sont pas, car nous sommes tous des errants sur cette terre.
    Seuls l’amour, la tolérance et le respect peuvent mener à cet havre de paix tant souhaité par la majorité des hommes.
    La réalité quotidienne des médias nous ramène malheureusement à une triste réalité réduite aux agissements d’une minorité belliqueuse. Et ce qui paraît simple peut se révéler très compliqué dès que l’ignorance, la religion et la politique s’en mêlent.
    Ainsi, le Moyen-Orient nous semble tout à la fois lointain et incompréhensible et proche de nous de par le métissage des cultures, la culture et la médiatisation.
    Ce roman nous conduit à réfléchir sur cette quête d’identité et à nous plonger dans le passé pour analyser et mieux appréhender ce qui se passe au Moyen-orient mais aussi dans notre propre pays.
    Nous sommes parfois pris dans le tourbillon des événements et des âmes et submergé d’émotions. Et c’est tant mieux car dans notre monde où tout est mouvement et précipitation, ce roman nous invite à faire une pause, à réfléchir à l’humanité, à un avenir commun harmonieux et à transmettre un message de paix emprunt de spiritualité.

  4. 15 février 2014    

    Ce n’est pas le livre d’un auteur qui a cherché son inspiration dans une actualité dramatique et brûlante. Les protagonistes de ces conflits n’y trouveront pas de justifications à la conduite des leurs, c’est le livre d’une femme qui se bat pour que la raison et la paix se rencontrent.
    jms

    • 17 février 2014    

      Nous sommes nombreux à nous battre, comme c’est votre cas Jean-Michel, avec vos mots. Nous sommes nombreux à avoir compris que ces guerres sont inutiles, stériles et sans avenir…combien elles servent l’égo de certains au détriment de peuples qui ont déjà fort à faire avec des quotidiens difficiles, des peurs, des maladies. Unissons-nous afin de dénoncer davantage ces conflits pour que s’apaisent les coeurs des mères tant meurtries…Car les mères, elles, n’aspirent qu’à être sereines, à ne plus voir leurs enfants partir ou mourir au front, où être les victimes d’attentats si lâches et injustes…
      Florence Ka

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